Bonjour et bienvenue

« Si je ne suis pour moi, qui le sera ?
Et si je ne suis que pour moi, qui suis-je ?
Et si pas maintenant, alors quand
? »

(Hillel, Les Maximes des Pères)

Alors voici ce blog. Pour moi. Pour toi, lecteur. Pour ici, et maintenant.


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mardi 31 mai 2016

Sexologie, acte 5 : DAO comme Droit A l'Orgasme (féminin)


Chers lecteurs

Si la jouissance n’est pas une condition nécessaire au plaisir (il y a du plaisir en dehors de l’orgasme), et si la sexualité doit se préserver de toute tentation de performance, je refuse de voir dans l’orgasme féminin une performance. Atteindre l’orgasme devrait être simple, naturel. Et lorsque nous en avons envie. Seule ou avec un / une partenaire.

 
Peut-être que je me fourvoie à appliquer ce qui est vrai pour moi à toutes les femmes. Mais…
Lorsque je mate un porno, c’est pour prendre du plaisir. ET jouir
Quand je fais l’amour, c’est pour prendre du plaisir, en donner. ET jouir
(et beaucoup d’autres choses : la complicité, la tendresse, la folie, la douceur, l’intimité partagée, …)

Je veux comprendre pourquoi les filles n’atteignent pas l’orgasme quand elles le veulent, avec qui elles veulent, comme elles veulent.

Au hasard des conversations, des idées ont éclos. Le plus souvent soufflées par Miss S  - notre déesse à toutes et tous (Meet-up POWER)
Alors je partage. Pour nous donner ce pouvoir, à toutes. 


 
Un Droit à l’orgasme. D.A.O. * Empowerment*

 
Et aussi, pour donner ce pouvoir à tous. Oui, à vous, messieurs.
J’aimerais vous donner le pouvoir de faire monter toutes vos partenaires au 7ème ciel.

Quelle que soit votre complicité, votre état d’esprit, quel que soit son passé (à elle), son passif, quelle que soit la durée ou l’ancienneté de votre relation.

 

 #1    Les filles : masturbez-vous (seule) !

Explorez-vous. Prenez le temps de le faire.
Quelle que soit notre aisance avec notre corps et la sexualité : back to basics !

Allongez-vous, nue. Ecartez les jambes. Prenez une glace. Et mettez les doigts : caressez, soulevez, écartez, découvrez -vous !

Mettez les deux doigts, décapuchonnez votre clitoris si nécessaire. Rendez service à votre poignet : prenez un vibromasseur.
Jouez avec.

Une fois que vous êtes confortable avec une position donnée, faites-vous jouir dans toutes les positions possibles :
Allongée sur le ventre, sur le dos.
Debout. Assise.


Faites-vous jouir dès que vous en avez envie.
Faites-vous jouir partout.

C’est une vraie recharge énergétique. ET très apaisante en même temps. Où que vous soyez (au bureau, au resto, chez des amis), dès que vous êtes en confiance avec votre plaisir, rien de tel que de s’enfermer quelques minutes aux toilettes. Debout, adossée à la porte des toilettes, caressez-vous, faites-vous jouir.

Vous verrez, vous reviendrez à votre bureau les joues un peu rouge, mais très sereine.

Pour les plus intrépides : continuez à jouer :)

Les variantes sont infinies :
-          Se faire jouir sans se toucher. Ne serait-ce que par visualisation
-          Se faire jouir en rajoutant une pénétration vaginale (un vibromasseur ou un gode sont parfaits !)
-          Se faire jouir en rajoutant une pénétration anale (utilisez un plug !)

 Bref, explorez votre corps. Déclinez l’orgasme.

Non seulement vous prendrez votre pied, mais vous verrez également se développer votre cardio, votre sangle abdominale, votre périnée. Et vos endorphines.

Et si vous êtes à cours d’inspiration, lisez l’excellent Liberating Masturbation de Betty Dodson

 
 
#2    Si possible, arrêtez la « chimie »

Attention, je ne vous conseille pas d’arrêter la contraception, il y a d’autres moyens en dehors de la pilule (implant, stérilet – cela fonctionne même pour les nullipares, anneau vaginal)

Mais je pense sincèrement, au vu des témoignages recueillis autour de moi, qu’absorber de la chimie au niveau général n’est pas terrible pour la libido.

 

#3    Masturbez-vous devant votre partenaire

Cette étape est fondamentale. Ne faites pas l’impasse dessus. Chérissez là.
Car c’est peut-être la plus importante de toutes les étapes
Celle qui fait le lien entre votre capacité à prendre du plaisir seule, et votre habilité à en prendre avec n’importe quel partenaire.

 
Concrètement, faites la même chose que ce qui est décrit dans le  point 1. Avec lui. En sa présence.
Sous son regard. En le regardant, si vous y parvenez.
La complicité que vous allez créer avec cet eye contact est centrale.

Vous n’allez pas être déçue : en toute logique (fonctionne dans 95% des cas), votre partenaire sera très excité et aura envie de se « joindre à la fête »
De joindre ses doigts aux vôtres.
De joindre son corps au vôtre.

 
N’hésitez pas à prévoir de quoi jouer ensemble. Des sex toys (godes, plugs, vibros, etc.) seront très appréciés !

 
#4   Faites-vous jouir en utilisant le corps de votre partenaire

Une fois que c’est parti, n’hésitez pas à suggérer, avec des mots ou des gestes.
Demandez-lui de s’approcher.

S’il a le sexe en érection, demandez-lui de s’allonger sur vous et écartez vos jambes
Et frottez son sexe contre votre clitoris (comme vous utilisez avant vos doigts ou votre vibro)

En un mot : masturbez-vous avec son corps. Avec son sexe.
Avec ses doigts, aussi. J’adore faire cela.

Je prends la main de mon partenaire, et je la pose sur mon sexe, au niveau du clitoris.
Puis je pose ma main au-dessus de la sienne. Et j’initie les mouvements. Je les imprime à sa main, qui touche mon sexe.

Cela me permet de donner le rythme, la force, le type de frottement (effleurement ou caresse appuyée) dont j’ai envie.

Et s’il est adepte des cunis, alors demandez-lui de vous lécher, de vous mordre, de vous titiller. En le guidant de vos doigts. Ou de vos mots.

 
#5   Matez du porno ensemble

Si vous êtes fan, dites-lui. Il n’y a aucune honte à mater du porno !!!

Dites-lui quelles scènes / quels tags vous excitent. Ce qui ne vous fait pas tripper.
Laissez-vous allez à vous caresser, à le caresser. Prenez sa main pour vous caresser.

Ne vous censurez pas.

Abandonnez-vous. Allez jusqu’au bout.
 
Avec ses doigts (vous verrez, il décrochera complètement du film, 1000 fois plus excité en vous voyant jouir qu’en matant les X performers !)

Assumez vos fantasmes. Tous les goûts sont dans la nature et tous les goûts sont permis

Rappelez-vous qu’il n’y a rien de dégradant tant que c’est fait dans le respect de chacun, et la bienveillance.

 
#6    Les filles, ne simulez pas

Aucun intérêt.

 

#7   Messieurs, n’attendez pas que votre partenaire vous le demande pour la faire jouir !

Ce n’est pas parce qu’elle ne vous réclame pas de la faire jouir qu’elle n’en a pas envie.
C’est à vous de prendre le lead, en premier lieu !
Elle vous fait jouir ? Fine. Good for you. Alors, donnez-lui la pareil :)

Demandez-lui ce qu’elle aime. Ce qu’elle aime qu’on lui fasse. Ce qu’elle voudrait faire avec vous !

Demandez-lui de guider votre main, votre langue, votre sexe (contre son clito, mais ailleurs aussi, elle a sans doute d’autres zones érogènes)

Demandez-lui si elle aime plus ou moins brutal, des mots plus ou moins coquins, des coups de reins plus ou moins rapides, forts, profonds.

Ecoutez la, simplement.


 

#8    Changeons nos référentiels culturels

Ils ont un rôle indéniable dans le fait que beaucoup considèrent qu’un rapport se résume à une jouissance masculine. Et basta pour la jouissance féminine.

Un exemple ?
Le « quickie ». Autrement dit un rapport sexuel rapide, entre deux portes, deux eaux, deux feux.

Souvent représenté à l'écran. Mais dans combien de films voit on l'homme se mettre à caresser ou lécher intensément sa partenaire après avoir joui, car elle n’a pas atteint l’orgasme durant les 90 secondes qu'a duré le rapport ?

Dans combien de séries le rapport n’est pas fini tant que la partenaire n’a pas joui ?

Si j’étais réalisatrice de films (porno ou mainstream), je mettrai en scène la jouissance féminine. Cette laissée pour compte de la sexualité occidentale.

 

#9    Parlons d’orgasme

Je pense qu’il faut dé-tabouïser l’orgasme, la jouissance féminine. Il y a comme une honte à l’évoquer.

Parler de masturbation féminine est un bon exercice. Je vois certains interlocuteurs piquer un fard.

Evidemment, la société nous réduit quelque part à un rôle d’utérus (recevoir la semence, faire pousser les petits d’homme), voire d’orifices (pour être le réceptacle de la semence, où que cette semence se plaît à sortir).

Remettre le cliotoris, dont l’unique fonction est (faut-il le rappeler !) de procurer du plaisir au cœur du débat est une juste réponse au déni dont il fait l’objet depuis trop longtemps

 

#10   Parlons vraiment d’orgasme

Racontons à nos partenaires comment nous vivons l’orgasme
Ce que nous ressentons, ce que nous vivons, ce que nous visualisons

Apprenons-leur à reconnaître les signes avant-coureur : le clitoris qui commence à se durcir, la lubrification qui se fait plus intense, le souffle qui devient court

Apprenons-leur à faire durer l’orgasme : en poursuivant les caresses (digitales, buccales, sexuelles) durant l’orgasme, on peut le faire durer.

A condition de respecter un certain rythme, une certaine force, que votre partenaire vous indiquera

 Apprenons-leur à reproduire l’orgasme plusieurs fois de suite : de nombreuses filles (j’en fais partie) connaissent des échos (plusieurs orgasmes d’affilée)

Eveillons-les au souffle de feu, qui permet de reprendre – grâce à une respiration abdominale intense – une pente qui mène droit à l’orgasme. Again and again

 

 

Voilà, il y a de quoi faire. Pour tout le monde ! :)

Vive le DAO !!!


 

 

 

mercredi 27 avril 2016

Sexologie, interlude


Chers lecteurs,

De l'eau a coulé sous les ponts depuis le dernier article, et je m'excuse auprès de tous ceux qui attendent impatiemment un nouveau chapitre.

Je prends mon temps (que c'est bon.. :))
Et je n'écris que lorsque j'en ai envie et du temps. La dernière condition est clef. Peu de temps.

 
Tout d'abord laissez-moi vous remercier.
Pas un jour, ou presque, sans que je ne vive un épisode conséquent à la publication de ces textes.

Vous m'avez offert des trésors. Votre confiance, tout d'abord. En venant partager avec moi des morceaux d'intimité. De votre intimité.

D'aucuns d'entre vous m'ont offert des textes, des manuscrits. Des œuvres dans lesquelles le don, le partage et la générosité rivalisaient d'intensité avec l'intimité offerte, dévoilée, révélée.

D'autres ont débarqué chez moi les bras chargés de victuailles littéraires. Des livres dans lesquels il est question de plaisir, plaisir Feminin, plaisir masculin.

D'autres encore m'ont invité à déjeuner, dîner ou même à faire l'amour. En toute simplicité :)
Mais il était surtout question d'échanger - en toute liberté, confiance et bienveillance - sur le sujet.

Beaucoup de témoignages et de questions sont venus enrichir notre réflexion. Des débuts de réponse, des élements d'explication, aussi. Tout ceci nous a donné des idées...

 

Et puis, c'est arrivé!
Ces échanges ont donné naissance à un joli projet. Que nous avons baptisé "Meet-up sexo"

Des filles et des garçons libérés, à l'écoute et généreux, qui créent un cercle de parole.
Sous l'égide de Miss S, grande prêtresse :)
Aussi discrète que rayonnante. Un rayon de soleil pour éclairer nos débats.
 
Nous nous réunissons une fois par mois. Autour de bonnes bouteilles. Et d'un apéro coloré.
La parole est libre, belle, généreuse. 
Il y est question de sexe, évidemment. Mais aussi (surtout?) d'amour et de vie de couple.


Les expériences des uns entrent en résonance avec les fantasmes des autres.
Les angoisses de certains trouvent leur écho dans les barrières mentales et physiques franchies par d'autres. Les freins (au plaisir, au désir, au lâcher prise, à certaines pratiques) sont questionnés. Avec humour. Avec amour.

Mille et une idées d'articles germent dans ma tête à l'issue de ces rencontres mensuelles. Des réflexions de fond, comme des réflexions marginales.

Ejaculation féminine
Sodomie
Plaisir solitaire et plaisir partagé
Pudeur et plaisir / pudeur et désir
 
 
Je fais de mon mieux pour partager cela prochainement avec vous :)

 

Des bisous à tous

Love sur vous

mercredi 23 décembre 2015

Sexologie, Acte II : faire l'amour c'est beau. Baiser c'est pas mal non plus

Pourquoi ces articles "olé olé"?

(Va direct au #7 si tu veux du cul...)


#1 Tout me porte à croire que mes articles sont utiles


Vos retours me nourrissent. À chaque fois qu'un ami / une amie me dit :
"Je teste ce soir avec ma femme"
Ou
"Je fais lire d'urgence à mon chéri"

... Je sens mes chevilles gonfler mon sentiment d'utilité exploser


[ndlr : vous ai-je déjà confié combien il est important pour moi de me sentir utile?
C'est un vrai driver - dans ma vie professionnelle notamment...]



#2 Mon mari est mon premier fan


Il est ma muse. Il pilote à la fois l'équipe R&D et l'équipe "Contrôle Qualité" (les tests sont effectués en un temps record!)


#3 Partager mon bonheur, mon plaisir

Je constate que cela fonctionne pour nous.
Si j'avais su, je l'aurais écrit il y a 8 ans cet article sur le cunni!

Si je peux permettre à des couples de retrouver une seconde jeunesse / de revivre une seconde lune de miel, c'est une raison bien suffisante pour continuer à écrire!


#4 Pourquoi avoir tant tardé à écrire ces articles?


Oui, je clame que "women are verbal"  - que les femmes verbalisent plus que les hommes ET qu'elles ont besoin qu'ont leur parle (d'elles)

Pour autant il m'a fallu des années avant d'écrire ces lignes.

Parce que j'ai changé. Nous changeons, nous grandissons. Nos besoins aussi.

Il est possible de :
- vivre des années sulfureuses (moi, jeune adulte)
- se nourrir d'autre chose pendant des années (la construction d'un foyer, d'une famille nombreuse)
- ressentir le besoin de vibrations plus intenses une fois le foyer créé (sans cesser de s'investir pour autant dans ce foyer)


J'ai tardé car j'étais pleinement satisfaite jusqu'à présent. Aujourd'hui mes besoins sont différents, et je me donne les moyens de les satisfaire.


#5 Le dilemme des hyperphalliques


Autour de moi, je constate que (attention, généralisation) :

- je suis entourée de personnes débordant d'énergie, d'esprit d'initiative (beaucoup de créatifs), des personnes qui ont des passions aussi diverses que dévorantes, des personnes qui ont besoin de vibrer

- les filles en recherche d'une situation stable se mettent en couple avec un homme a l'écoute. Sensible, doux, intelligent...

- vice versa côté gente masculine : les hommes désirant fonder un foyer cherchent (et trouvent) une femme compréhensive, douce, patiente, stable...

- interrogés sur leur vie sexuelle, ces mêmes filles et ces mêmes garçons confessent (souvent après un moment, quelques années de mariage, une naissance) un certain manque.

Une frustration. Et pas seulement sexuelle.

Le sexe n'est qu'un aspect d'un dilemme complexe : de la douceur, oui. Mais si possible avec de la fougue, de la passion. Des émotions, des vibrations. De l'humour (du fun), de l'esprit, de l'audace. Du rêve.


#6 Avancer ensemble

Tout l'enjeu des hyperphalliques en couple avec des personnes "normales" est de trouver des leviers pour faire durer et réinventer le couple.

C'est mon cas. Je ne m'en cache pas. La difficulté ne me fait pas peur, au contraire. Elle m'excite. C'est le genre de défi que j'aime relever.

Il est peu probable que je baisse mon niveau d'énergie, je préfère donc donner à mon mari les moyens de se mettre au diapason. Et j'essaie d'être à l'écoute de ses besoins, qu'il ose enfin exprimer (à croire que ma parole libérée est une invite à une communication accrue au sein du couple, l'autocensure vole en éclats...)


#7 Faire l'amour, c'est beau. Baiser, c'est pas mal non plus!


Côté sexe, de quoi ai-je besoin?

De quoi avons-nous besoin, nous les filles avec une forte énergie vitale (hyperphalliques)?

Nous avons besoin d'un homme (ou d'une femme) qui ne se contente pas de faire l'amour. Nous avons aussi besoin de baiser / niquer / coucher.


Les garçons doux nous touchent car ils sont à l'écoute, empathiques. Ils sont prévenants et respectent nos rythmes, les distances que nous demandons ou imposons. Ils sont généreux et ne demandent qu'à nous satisfaire.


Paradoxalement, nous craquons ou avons envie de craquer pour des hommes qui :
- expriment leurs désirs, leurs besoins
- nous font comprendre (langage verbal et non verbal) qu'ils ont envie de nous
- nous disent qu'on est belles et désirables, que notre corps les fait bander,
- joignent le geste à la parole, tentent par des regards coquins et audacieux, par des gestes doux et des effleurements de nous convaincre
- n'hésitent pas a prendre des risques (de râteaux, de baffes...)
- nous malmènent (un peu)
- nous font basculer du "non" au "et pourquoi pas?", voire au "prends moi de suite, j'en peux plus!" ;)
- s'amusent au pieu, parce que le sexe c'est aussi - voire surtout - ludique, fun.


#8 Le changement, c'est maintenant?


En matière sexuelle comme en matière culinaire, la diversité est source de plaisir per se.

Et je ne parle pas de changer de partenaire (et pourquoi pas, d'ailleurs? C'est aussi une réponse possible), mais changer de manière de pratiquer le sexe. Et là, (presque) tout est permis.

Mes vacances sont l'occasion d'explorer ce volet, promis je partage mes trouvailles avec vous très bientôt!




jeudi 11 juin 2015

Pastèque et Kiwi, Love Love Love in the air


"Nous sommes bien peu de choses,

Mon amour", m'as-tu dit. De ta prose

Je ne me lasserai pas. Tu ignores la cause

Car seule compte la solution. Tu oses

Me sauver lorsque je ne vois plus le rose

Lorsque du malheur du monde, ma dose

Je réclame. Tu es le magicien virtuose,

Qui efface les failles et recrée l'osmose,

Qui m'accepte entière, avec mes névroses.

Toi seul connais mon cœur, toi seul me poses.

 

Merci, mon mari chéri. Je t'aime Namour.
Et suis avec toi. Aujourd'hui. Et pour toujours.

vendredi 15 mai 2015

Le premier jour du reste de ma vie...

Outre une référence à l'excellent livre de Ginie, je souhaite vous livrer des réflexions intimes.

Impression de naviguer à vue dans ce qui ressemble fort à une nouvelle phase de ma vie.

Enfance (0 - 12)
Adolescence (12-17)
Jeune adulte (17-24)
Maman en devenir, enceinte ou allaitante (24-32)
Jeune Maman de famille nombreuse (32 et +)

Comment dire les choses?

A certains j'explique que j'ai la sensation de vivre une seconde adolescence

Comme si, de nouveau - et comme lorsque j'avais 12 ans, tout était possible.
Comme si je pouvais tout tenter, tout être, tout devenir, partout sur cette Terre.
Comme s'il suffisait de me déterminer, puis de laisser ma "Volonté" (opiniâtreté, pugnacité, perfectionnisme), et mes facilités faire le reste.
Comme s'il y avait une urgence à vivre, car le compte à rebours est enclenché...
 
"Forever - is composed of nows"


Ce qui est illusoire. Puisque j'ai déjà fait des choix qui conditionnent tout de même beaucoup ma vie : un mari et des enfants, d'abord.
En outre, mes études et un brin de ma vie professionnelle sont derrière moi.
Et paradoxalement, je ne ressens pas les choix que j'ai faits comme contraignants (alors que très clairement, ils constituent un entonnoir)

Je refuse le déterminisme de mes choix passés.

Le foyer que nous avons construit dope ma confiance. Au point de faire exploser l'estime que j'ai de moi. Bien au-delà de ce qu'elle fut lorsque j'étais ado.

Résultat : l'entonnoir agit au contraire comme multiplicateur de possibles. Jamais mon libre-arbitre n'a été aussi infini. 

Professionnellement, ma stabilité est un élément qui me donne confiance. Contempler la belle évolution depuis 7 ans et demi dans la même institution sécurise beaucoup la cocotte-minute créative et émotionnelle que je suis.

Un infini de possibles.
Devoir faire des choix.
Tout un travail :)


“Not knowing when the dawn will come
I open every door
"

Et je n'ai pas encore  abordé les similitudes hormonales...

Pour dire les choses crûment, nous fermons une parenthèse. Assez animale, disons-le
Entre 24 et 32 ans : recherche d'un mâle reproducteur, accouplement(s), gestation(s), allaitement(s)...
Et puis les enfants se sèvrent. Et nous revoici. Toujours en couple, toujours ensemble, toujours fidèles.
A devoir avancer, et inventer notre couple de demain.
Et rien n'est évident. Rien n'est acquis.

D'un couple évoluant, bien inconsciemment, dans un schéma animal et naturel, nous devons devenir un couple qui se nourrit d'autres choses.
D'émotions intellectuelles, affectives, artistiques. De curiosité, de passions partagées.

Et, dans le même temps, j'ai la sensation que mes hormones sont en ébullition. Comme lorsque j'avais 14 ans. Et je ne comprends pas le grand écart qui se dessine. Entre mes attentes, résolument hormonales donc animales. Et la nécessité de se projeter dans une dimension cérébrale, intellectuelle. Culturelle.

 
Cette phase va-t-elle durer?
Disparaître d'elle-même?
Faire place à une autre phase, encore plus surprenante?

Je plâne. Et, pour continuer à voler, je m'inspire.
De poésie. Emily Dickinson est ma compagne en ces jours intenses...

“To live is so startling it leaves little time for anything else”

That it will never come again is what makes life so sweet.”

 


lundi 11 mai 2015

Réinventer son couple après les enfants, réinventer sa vie...


Ce graphe est évidemment à prendre à la légère (comme tout ce blog au demeurant...)

Je l'ai dessiné le 16 mars 2015. C'était il y a presque deux mois. Et il n'a pas tenu 24h
Je n'avais alors donné l'adresse de ce blog qu'à trois personnes (je crois)

Mais même pour ces trois personnes, je n'assumais pas.
Aujourd'hui, j'assume. L'autodérision, la dimension caricaturale. Et le fond de vérité.


J'échangeais sur ce sujet avec une adorable choriste qui se reconnaîtra. Je lui disais que forte est mon impression de sortir d'un tunnel. Dans lequel je n'avais pas conscience d'être jusqu'à très récemment.

Fin de l'allaitement. Du troisième allaitement.
Fin des 5 années durant lesquelles je n'ai cessé d'être enceinte ou allaitante (à 4 mois près).
Fin d'une période de maternage intensif. Mais pas seulement.

C'est également la fin d'un cycle, qui a débuté le jour où nous nous sommes rencontrés, Grand Kiwi et moi.
D'abord la parade amoureuse, puis la "lune de miel" (sexe / romantisme / tendresse, et on recommence!)
Cette période que j'adore, durant laquelle on se cherche. Le mystère, qui ne se dévoile que progressivement, et les papillons encore dans le ventre. Et puis (rapidement, nous concernant), des promesses d'engagement (Grand Kiwi m'a demandé en mariage six mois après notre premier baiser). Et des engagements tout court. Des projets qui se dessinent et qui, très vite, se concrétisent.
PACS, mariage civil, un enfant, un chez-nous, deux enfants, un mariage religieux, trois enfants.

Tout est passé si vite. Hier, cela faisait exactement sept ans et demi que Grand Kiwi et moi avons choisi d'avancer ensemble. Première fois que nous nous sommes tenus la main. Premier baiser.

Il y a quelques mois, je vous aurais dit "c'était hier".


Mais pas aujourd'hui. 

Car aujourd'hui, je n'ai que trop conscience qu'une page s'est tournée.
Que ce cycle (que les amateurs d'anthropologie et de sociologie parmi vous ne manqueront pas d'analyser) qui a débuté le jour où nous avons eu envie de nous sauter dessus nos regards se sont croisés, et qui s'achève une fois le nid construit, les oisillons nés et (très relativement) autonomes, est derrière moi, derrière nous.

Jamais, au cours de ce passage dans le tunnel, je ne me suis posée de question.
Jamais tunnel n'a été plus lumineux, plus inspirant.
Tout était évident.

Grand Kiwi est l'homme de ma vie.
Notre union : une évidence
Fonder un foyer, une famille nombreuse : une évidence.

Nous n'avons - somme toute - jamais réfléchi. Nous nous sommes lancés à corps perdu dans ce dont nous avions envie. Nous avons laissé parlé nos cœurs, nos tripes, notre folie, notre insouciance.

D'aucuns ont dit que nous allions trop vite. Nous, nous avions juste l'impression de ne pouvoir remettre au lendemain les envies qui nous saisissaient.


Ce soir, les enfants sont couchés. Grand Kiwi est couché. Et je pianote ces quelques mots.
Est-ce parce que les enfants?
Est-ce parce que c'est la vie?

Toujours est-il que je suis comme saisie par l'urgence du temps qui passe, et une envie débordante de vivre pleinement le temps terrestre qu'il nous reste. En abandonnant sur place mes valises (comme je vous le disais ici). Histoire de ne pas trop m'encombrer dans ce voyage qui est déjà bien assez complexe :)

La suite est à écrire.
Toute la suite. Le couple, la vie professionnelle, la place de mes enfants dans tout cela, la vie sociale, mes addictions chéries (céder ou non?), mon envie permanente de faire la fête, de jouer, d'expérimenter, de vivre, de vivre intensément.

Liberté, ma liberté chérie, ferai-je de toi bon usage?
J'espère pouvoir vous dire prochainement que j'ai avancé!



mercredi 6 mai 2015

Ces obsessions qui nous font vivre


Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours été extrême.
Les excès, l'absence totale de modération et d'équilibre sont mon quotidien, ma vie. Avec plus ou moins d'intensité, évidemment.
Je vais faire un parallèle avec une œuvre documentaire, puis vous expliquer pourquoi…

 
Turn adversity into advantage

Dans l'excellent opus Israel Inside, œuvre documentaire apolitique de Tal Ben Shahar, le chercheur se penche (une fois n'est pas coutume) sur autre chose que la psychologie positive.

Le constat est simple : parmi les entreprises cotées au Nasdaq, Israël est le 3ème pays (en termes de pays d'immatriculation), derrière les États-Unis et la Chine.

Tel Aviv est la capitale européenne du Venture Capital. Any idea why?

Tal Ben Shahar, dans une démarche scientifique, nous propose 6 actualizers. Qui sont autant d'éléments favorisant l'émergence de jeunes pousses dynamiques et entreprenantes.

[ATTENTION Spoiler]

 Les actualizers identifiés sont:
- family
- turn adversity into advantage
- chutzpah
- education
- take action
- tikkun olam (la "réparation" du monde)

Prudence !
Tal Ben Shahar ne dit pas que ces éléments sont uniques à Israël. Il dit simplement que ces éléments :
1. se cumulent
2. avec forte intensité dans ce pays...
 
(Que ceux qui le souhaitent se manifestent : j'ai leur prêterai avec plaisir un exemplaire de ce documentaire de 38 minutées... )

 
Revenons à notre propos liminaire : je réalise, tardivement hélas, qu'on ne change pas.
Et que toutes ces années à vouloir me "guérir", m'affranchir de cette dimension compulsive, obsessionnelle et addictive étaient vaines.

Il ne sert à rien de lutter : la nature revient toujours au galop.
Comme au judo - il faut se servir de la puissance de l'adversaire pour gagner.
ð  la seule démarche à adopter - et que je pense avoir apprivoisé dans un réflexe de survie - c'est Turn Adversity into Advantage

Mes obsessions, mes addictions : et si j’en faisais des forces?
Et si je les assumais, pour en faire des alliées pour atteindre mes objectifs?
Oscar Wilde ne disait-il pas que « le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder » ?

Je suis accroc aux livres. Ok, faisons de bonnes études, essayons de ch
Je suis accroc au sport. Ok, servons-en nous pour garder une silhouette de rêve malgré 3 enfants.
Bon, évidemment le propos se complique lorsqu'on évoque l'addiction à la maigreur (anorexie) ou à des substances psychotropes.

Aujourd'hui, je pense pouvoir lister mes addictions. Et plutôt que d'essayer de lutter, je les cultive.
Chant, danse, sexe, sport, alcool, fêtes, écriture, glaces (oui, oui, je revendique une addiction aux glaces…)
Entre autres.

 
Ma boulimie d’activités ne me fait plus peur. Je fonctionne ainsi. Et je l’assume.
Et si, un jour, je dois voler dans le décor pour m’être perdue dans 1000 projets différents. Alors soit.
J’en aurais profité. J’aurais vécu, vibré, bougé.
Non sans avoir remercié mon Créateur de m’avoir donné la chance de vivre ces moments-là
Non sans avoir partagé avec mes proches ma joie de vivre intensément cette vie terrestre.
Non sans avoir essayé de donner et de transmettre autant que j’ai reçu.
Merci pour tout.

vendredi 24 avril 2015

Pour davantage d'égalitarisme dans nos religions

 Et dans nos vies...

Ce matin je voulais exprimer à une amie que j adore - et qui est juive orthodoxe - ce qui me tient loin du monde (juif) orthodoxe

Je me suis vite rendue compte que j'ouvrais une boîte de Pandore. Dans ma propre tête! :)

Et que cette réflexion était passionnante. Au début je lui ai proposé (par provocation) d'animer à la guitare et au chant une soirée. Pure provocation (ou humour, hein!) car dans le monde juif orthodoxe une femme n'est pas censée faire entendre sa voix.

Entendons-nous (ah ah ah) : la femme a évidemment le droit de parler, mais pas de chanter. Du moins si un homme est susceptible de l'entendre. Pourquoi?

Car il pourrait être séduit.
(Silence de rigueur)

 
De même, une femme ne peut porter de manches au-dessus du coude ou de jupes au-dessus du genoux. Pourquoi? Mutadis, mutandis : si un homme la voit, il pourrait être séduit.
(Silence et yeux fermés, s'il vous plaît)


Bon, je suis cynique car cela me met hors de moi.  Car cela relève de règles écrites par des hommes et pour des hommes (les fa-quoi? Les femmes? Qu'est-ce donc?)  au Moyen-Âge, à partir de ce qui fut pendant des millénaires la "Loi orale".

Résumons : il y a un texte biblique, donc sacré. Et une Loi orale, transmise de générations en générations, et codifiée au Moyen-Âge.

Cette loi orale traite de tous les sujets de la vie juive, notamment les sujets sus-évoqués : pudeur (ou modestie) féminine. Pudeur qui implique la séparation des hommes et des femmes, afin d'éviter aux hommes d'être tentés par les femmes.

 
Maintenant, place à ma position - qui n'engage que ma personne au demeurant.


Je m'inscris en faux avec tout cela. Je considère que ces règles de pudeur ont été transmises et écrites par 50% du peuple juif (les détenteurs de chromozomes XY) pour asservir les autres 50% (les XX). Je considère ces règles comme discriminantes.

Discrimination, oui. Car que je sache il n'est pas interdit aux hommes de chanter, ni de se balader en caleçon ou en Marcel s'ils le souhaitent. Pourquoi?
Car il est évidemment exclu que les hommes puissent séduire par leur ramage ou leur plumage... (en même temps, que celui ou celle qui est séduit par un homme en Marcel se désigne de suite! bon, ok, je sors, c'était juste une tentative d'alléger le propos...)

Parce que les femmes sont bien au-dessus de cela? Parce que les femmes sont vertueuses ?

Foutaises. Le discours fondateur, qui est de dire "Les hommes fonctionnent sous la ceinture et les femmes au-dessus" est faux et discriminatoire. Bien pire encore, il a été érigé per se comme l'argument irrévocable soutenant l'ensemble des règles qui figent l'asymétrie des droits (et devoirs) entre hommes et femmes dans le judaïsme. Asymétrie des droits, donc discrimination. 

 
Je ne nie pas les différences biologiques entre hommes et femmes. Mais selon moi elles sont d'un tout autre ordre (force musculaire plus importante et voix plus grave pour les hommes...) Et quand bien même il existerait une différence dans le taux d'obsession sexuelle entre hommes et femmes, elle serait marginale (biologiquement parlant).

ll suffit de fréquenter des personnes qui s affranchissent de ce que la société projette sur eux pour se rendre compte qu on est proche du 50/50, au pire dans du 60/40 (plus d'hommes) Je vais parler de manière terre-à-terre : je connais autant, si ce n'est beaucoup plus de femmes hyper-phalliques que d'hommes hyper-phalliques.

Nous sommes clairement à des années-lumière du 100/0 que tentent de nous faire avaler les machos qui ont inventé la partie de la loi orale relative a la pudeur. Le plus grave étant que ces mêmes machos veulent nous faire croire que cette notion de pudeur qui ne s'applique qu'aux femmes s'agirait de l exégèse la plus fidèle que l'on puisse faire du texte biblique!!!

 (au secours, les bras m'en tombent!)

 
Alors comment se fait-ce que la théorie du 100/0 convainc autant de monde, y compris des femmes?

Car l'homme est un animal de culture. Oui, j'affirme que ceci n'est qu'une construction culturelle.
 
Car depuis leurs plus jeune âge, on montre et on dicte (nous, les mères et les pères) à nos filles et à nos garçons le comportement que la société attend d'elles / d'eux.

On leur dit qu'elles sont jolies et élégantes / on leur dit qu'ils sont débrouillards et malins.

On  leur dit - à elles - "sois belle et tais-toi". Et on  leur dit - à eux - que la vie réussit aux virils, aux vrais mecs, quoi!

On  leur dit - à elles - d'allumer les bougies, de préparer le repas de shabat, de se faire belles pour accueillir le shabat (... et pour séduire un homme qui va leur faire de beaux enfants)

On  leur dit - à eux - d'étudier la Torah car étant moins vertueux que la femme (l'homme ne pense qu'au sexe, rappelle-toi mon garçon), l'homme doit étudier et prier pour s'élever spirituellement.

On va génitaliser le corps de nos filles à outrance, en se focalisant dessus pour les complimenter et leur expliquer que c'est par ce corps (qu'on ne veut voir) qu'elles vont se réaliser : séduction (du mari), puis maternité (porter les enfants, principal dessein de la femme, malheur à qui n'en veut pas....)

 

Voilà ce qui me tient à distance du monde juif orthodoxe non égalitaire (car il existe un monde juif orthodoxe égalitaire, dit "modern orthodox" - particulièrement répandu aux Etats-Unis et en Israël)

 
(et une fois que nous aurons résolu cette histoire d'égalitarisme, nous pourrons aborder d'autres questions : place des couples de même sexe dans nos religions, etc.)
 

mardi 21 avril 2015

La Gestation pour Autrui. Et pourquoi pas? Et pourquoi pas moi?


Chers amis,

 Aujourd'hui je souhaite aborder un sujet délicat : la Gestation pour autrui (GPA). Je sais à quel point ce sujet cristallise un certain nombre de craintes liées à la conception actuelle et future de la famille. Et pourtant, je vais l'aborder en vous expliquant pourquoi personnellement j'y suis favorable et dans quelles conditions. Plus encore, je tenterai d'analyser pourquoi je suis moi-même tentée de porter un enfant pour autrui. Cette analyse je la mène d'abord pour moi. Je la diffuse ici afin qu'elle puisse enrichir le débat, afin de constituer une base de discussion. Vos réactions, du moment qu'elles sont bienveillantes et constructives, sont tout à fait bienvenues.

 J'aimerais d'abord placer quelques repères dans ma réflexion. De confession juive, j'ai été bercée dans mon enfance par le récit de la Genèse. Notre Sainte Bible (pour au moins trois grandes religions monothéistes) est un ouvrage pragmatique. Nos Pères, nos Patriarches, vivent certaines expériences et émotions d'une humaine banalité. L'amour, la jalousie, l'arrogance, la colère... Mais aussi l'infertilité. La transmission étant au cœur du message monothéiste, l'infertilité ou l'impossibilité de concevoir pour transmettre appelle une réponse.

Ainsi Abraham prend-il - à la demande de sa femme Sarah - pour maîtresse Agar, l'Egyptienne. De même, Jacob s'accouple-t-il avec les servantes de Rachel (Bilha) et de Léa (Zilpa). La Genèse est marquée par ces GPA complètes (Léa et Rachel élèvent les 12 enfants de Jacob comme étant les leurs) et incomplètes (Abraham ne peut, à la demande de Sarah, élever Ismael aux côtéss d'Isaac...)

Or, derrière les arguments des anti-GPA, on entend trop souvent l'idée qu'on voudrait créer ex nihilo une conception nouvelle, délirante, contre-nature de la famille. Aussi j'invite les personnes qui avancent de tels arguments à considérer la Sainte Bible comme un brûlot révolutionnaire et anarchiste!

Je pourrais traiter de la même manière le sujet de l'adoption (inhérent a la démarche de GPA), en citant les exemples de Jonathan, adopté par le roi David. L'exemple prend une dimension encore plus frappante (car relevant d'une transmission intensément spirituelle et mystique) dans l'itinéraire de certains prophètes, je pense en particulier à l'adoption d'Elisée par Élie.

En somme, la Bible est le premier ouvrage à pointer du doigt l'existence de liens du cœur parfois infiniment plus puissants que ceux du sang.

 
Revenons au 21ème siècle, revenons à ma démarche. Je suis une personne adoptée. Je ne peux écrire "enfant adoptée", puisque je l'ai été officiellement à l'âge de 31 ans. Mon histoire est quelconque : des parents divorcés lorsque j'avais 6 ans (ils vivent séparés depuis que j ai 4 ans). Un beau-père généreux et aimant, qui nous a toujours considéré comme ses enfants, sans jamais exiger de nous de réciprocité. Il assume tout ce qu'un père assume (les nuits blanches lorsque nous sommes malades, les heures d'angoisse avant et après les examens et les concours...)
A la mort du père biologique, il nous propose (à mon frère et moi) de manière ouverte et détachée (le refus était facile) l'aventure de l'adoption. Mon ressenti? Le statut nouvellement acquis reflète enfin la réalité des 25 années qui ont précédé :des liens du cœur plus puissants que ceux du sang

Alors je suis prête, moi adulte adoptée, à envisager cela. L'envisager intellectuellement, physiquement. Je suis prête aujourd'hui à imaginer qu'un enfant né de mes entrailles, a fortiori s'il a été conçu après mure réflexion - idéalement dans un cadre adapte (suivi psychologique, sociologique, médical) - puisse grandir au sein d'un foyer dont le noyau est un couple ne pouvant concevoir - fussè-t-il de même sexe.

Que celui qui ne s'est jamais senti impuissant en écoutant un couple en mal d'enfants me jette la première pierre...

Alors je veux croire qu'en matière de GPA, nous pouvons dépasser le schéma trop souvent évoqué de consommation , de consumérisme appliqué à la parentalité, de marchandisation des âmes et des corps.

Je veux croire que l'on puisse envisager l'existence de filiations basées sur la transmission.  Une transmission comparable à celle de l'Alliance, qui s'affranchit des liens du sang, pour replacer au centre le sens (pourquoi avoir des enfants?), l'amour et l'éducation.

Ces propos peuvent faire sourire, être considérés comme des élucubrations d'une jeune personne idéaliste, célibataire et en mal d'enfants, qui se construit de toutes pièces une justification pour concevoir un enfant. Or il en est tout autrement.

Ces propos peuvent soulever des remarques pertinentes, quoique teintées de scepticisme. Ainsi seule une femme qui n'aurait pas porté d'enfant durant 9 mois, qui n'aurait pas vibré jour et nuit au diapason d'un fœtus, qui n'aurait pas vécu ce moment d'intense angoisse et bonheur qu'est l'accouchement... Pourrait envisager de "transmettre" un enfant. Or il en est tout autrement.

 

Pourquoi s'offusquer de ce que quelques couples ne pouvant concevoir s'appuient sur nous - car étant mariée, cette décision est prise conjointement avec mon époux - pour devenir parents?

Pourquoi s'offusquer que mon mari et moi, parents de trois enfants, cadres supérieurs menant de belles carrières, ayons envie de donner la vie, au sens littéral?

Notre engagement est un don, il n'est point question de vendre le fruit de mes entrailles.
Notre engagement n'a d'autres leviers que la générosité et l'envie de transmettre.
Notre engagement est une proposition pour que puissent naître des enfants dont la venue a été précédée d'une réflexion immensément nécessaire.

D'ailleurs, il serait opportun - mais là n'est pas le sujet - que ne puissent naître que des enfants dont la venue a été précédée de cette réflexion.

Pourquoi pointer du doigt la parentalité réfléchie et "aidée" (par des couples et des familles comme la notre)?
Pourquoi refuser à ces couples infertiles de fonder un foyer?

Et ce alors que naissent chaque jour des dizaines enfants (d'unions naturelles), dans des familles n'ayant pas désiré ni prévu ces enfants.
Dans des famille n'ayant pas les moyens (affectifs, financiers) ni l'envie de donner le meilleur à ces enfants
Dans des familles déjà amputées de moitié (le papa est parti des qu'il a su, ou pendant la grossesse ou après la naissance)
Dans des familles où la réflexion et l'anticipation (quelle décision prendre si l'enfant est atteint de maladie, d'anomalie) faisant défaut, la famille a tôt fait de voler en éclats.

 
La monoparentalité ne choque point (elle concerne quelques millions de foyers), bien qu'occasionnant des difficultés majeures notamment pour l'équilibre des enfants (je peux témoigner puisque j'en ai moi-même fait les frais). Si  l'intérêt supérieur de l'enfant doit primer, alors la monoparentalité - bien que souvent la moins pire des solutions - n'est pas optimale. Elle ne permet pas à l'enfant d'avoir deux parents s'aimant et aimant, qui se passent le relais dans l'éducation des enfants et dans la direction du foyer. Elle n'est pas en soi un gage d'équilibre et d'harmonie.

La monoparentalité  ne choque point, malgré tout cela, car elle est le fruit d'une procréation dite naturelle.

En revanche, la parentalité de quelques milliers de couples infertiles, qui souhaitent chérir un enfant depuis longtemps désiré, un enfant qui aura la chance d'etre aimé, choyé, éduqué, accompagné et guidé par un couple stable, harmonieux et équilibré...

Est choquante?

 

Mais quelle est donc cette société qui fait primer l'animalité de la parentalité sur l'intérêt supérieur de l'enfant?

Quelle est donc cette société qui refuse à certains le bonheur que d'aucuns ne peuvent ni ne veulent apprécier?

Quelle est donc cette société qui ferme les yeux sur l'existence d'une filiation, vieille comme le Monde, qui permet une transmission en s'affranchissent des liens du sang?

 

 

vendredi 17 avril 2015

Ces hommes et ces femmes hyper-phalliques


C’est le printemps pour la Pastèque, cela ne fait aucun doute

Depuis 6 semaines
Je suis en émoi, je retrouve une sensibilité aigue à la sensualité des personnes qui m’entourent

Franchement, je pense que je tiens sur Terre uniquement en raison de :
-          Ma fidélité (à mon mari, donc)
-          Codes sociaux, qui proscrivent le pelotage, l’effleurement, l’enlacement, les palots volés

Ne me répondez pas « heureusement » en mode outré genre je suis en train de légitimer le harcèlement de rue.

Aucun rapport : je ne vous parle que de gestes consentis, de tendresse et de bienveillance avec un prolongement charnel, tactile.

Depuis 6 semaines
Je trouve les femmes belles, fraîches, appétissantes, sexy.  Je trouve les hommes irrésistibles, virils.
Enfin, certains hommes et certaines femmes. Mais beaucoup quand même.

Je suis dans cette phase où je trouve de la beauté, du charme à toutes et à tous.
Et lorsqu’à la base existe une attirance, qu’elle ait pour source une admiration intellectuelle, un charisme réel ou supposé, ou une vraie beauté physique… Et bien, je m’envole.

Pas totalement irrécupérable, mais franchement, mes fantasmes (bridés, évidemment) bouillonnent.

 
Et mon radar – vous ai-je déjà dit que j’avais un flair inouï ?
Une capacité à repérer les perles rares (d’ailleurs, c’est ainsi que j’ai choisi mon mari !), à recruter les bonnes personnes, à avoir des amis en or, etc.
Bref, mon fameux radar marche également dans le monde phallique, et me désigne aisément ces personnes hyperphalliques.
Celles qui aiment jouer.

 
Et j’aimerais tellement jouer. Jouer avec ce fil rouge, avec cette limite que je m’impose, que la société m’impose.
Et J’aime mon mari.
Je l’aime d’ailleurs très souvent en ce moment, et avec beaucoup de plaisir.
Et pourtant, les fantasmes continuent de mener une vie intense in my head.

Bref, je fais un effort important pour ne pas me rapprocher trop près des hyper phalliques, parce que j’ai trop peur d’entrer en gravité.
Trop peur d’avoir envie de jouer. Et de ne savoir m’arrêter.

jeudi 16 avril 2015

Beaucoup de poésie in My Head en ce moment :)


Petit poème du jour
Pour mon mari d'amour
D'aucuns disent que l'amour dure trois ans
Or dans une semaine - c'est passé vite, c'est dément!
Nous fêterons les 5 ans de ce OUI
Qui a jailli de nos cœurs comme un cri

Oui à l'amour, d'abord, avec son cortège
De hauts et de bas, de magie et de pièges
Etre libre, c'est avant tout de pouvoir choisir
La personne par laquelle nous allons souffrir
 
Et c'est par lui, avec lui, contre lui, que je souhaite
Vivre, aimer, partager. Mourir. Prête
A avancer, hier comme aujourd'hui
Parce que c'est moi, parce que c'est Lui
Parce que c'est la personne la plus généreuse
Que je connaisse. Parce que je suis heureuse
À ses cotes. Parce que chaque jour je remercie
Mon créateur pour cette belle vie
Non dépourvus de défis, mais quel bonheur
De les relever avec l'élu de mon cœur

Je t aime