Bonjour et bienvenue

« Si je ne suis pour moi, qui le sera ?
Et si je ne suis que pour moi, qui suis-je ?
Et si pas maintenant, alors quand
? »

(Hillel, Les Maximes des Pères)

Alors voici ce blog. Pour moi. Pour toi, lecteur. Pour ici, et maintenant.


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mercredi 1 juillet 2015

Elle ne m'a pas rappelée...


Elle était rayonnante.

Rayonnante dans sa robe.

Ses copains n'étaient pas en train de danser. Alors elle s'est avancée, seule, vers les musiciens. Et s'est mise à onduler. Son corps était porté par la musique. Mouvements harmonieux. Et moi, je ne pouvais détacher mes yeux d'elle.

J'ai patienté jusqu'à ce que mon Surmoi comprenne qu'il n'avait aucune chance de l'emporter ce soir-là. Et je suis allée la voir:
 "Vous avez une très belle robe, lui ai-je dit.
- Pardon me?
- Ok, you've got a beautiful dress. You are beautiful. Where did you buy your dress?"


Elle a éclaté de rire. Et la conversation s'est poursuivie, dans un adorable mélange de français et d'anglais. Ely vient de Singapour. Elle est en France depuis 3 ou 4 mois, son français est en bonne voie...

La robe vient de Singapour, où elle l'a achetée pour presque rien.
Forcement je suis déçue (elle n'aurait pas pu répondre Zara?!)
À mon air déconfit, elle oppose un sourire irrésistible et une réponse sans équivoque :
"Cette robe, je te la donne!"

À ce moment là, je crois que j'ai ramassé ma mâchoire sur le trottoir.
Un monde idéal, où le tissu humain, l'échange et le partage dominent, m'est apparu possible. J'ai repensé immédiatement à ma collocation berlinoise (il y a 8 ans).

Un autre monde possible.

J'ai tout de suite proposé de lui donner en échange quelques unes de mes robes. Nous avons ri de cet échange de l'espace, de la magie que nous venions de créer. Nous avons échangé nos numéros, elle a appelé sur mon téléphone. Nous avons également  échangé un hug, une bise.

Rien de plus.

Et je suis repartie, le sourire aux lèvres et la fleur au cœur.

 

 
...

Elle n'a jamais rappelé, certes.

 
Mais un autre monde est toujours possible, hein?

:)

mardi 23 juin 2015

La tendresse...


Pour cette édition de la fête de la musique, j’ai retrouvé mon orchestre « d’origine ». Dont le leader n’est autre que Gilles – mon généreux guitariste de la 1ère scène !

Nous avons joué des reprises en français, en anglais, en hébreu… et en yiddish.

Dont Liebkeit (la tendresse), dont vous pouvez retrouver les paroles ici. Et la traduction.

Cette chanson fut reprise par Bourvil, sous le titre La tendresse.
En français ou en yiddish, cette chanson, me touche tout particulièrement. Elle exprime l’essentiel, à mon sens.

« On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y’en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas
 »

Je vous suggère cette version, des Yeux Noirs (Youtube ou Deezer)

Aujourd’hui, je ne suis que tendresse. Et – Grand Kiwi ne le sait que trop en ce moment – j’ai besoin de tendresse.
Encore et encore, mon Namour.
Je t’aime

 
Bon, trêve de déclaration d’amour J

Si vous aimez Liebkeit, le folklore yiddish… et Les Yeux Noirs… Venez nous retrouve au concert de ParisNew York Odessa !

Emmené par Olivier Slabiak (Les Yeux Noirs) et sa merveilleuse femme, Laure Slabiak (une formidable alto, avec qui nous avons partagé des bons moments lors d’un concert en 2011), cette formation va nous emmener en voyage!
Entre mélopées yiddish, balkaniques et musique électronique... De quoi se trémousser en écoutant du bon son !
 

Cela se passe jeudi 2 juillet à partir de 20h au Pavillon Puebla (Buttes Chaumont).
 
 
PS : un grand merci à Melting Spot, avec qui nous avons fini cette merveilleuse fête de la Musique 2015! Bravo à tous les musiciens et aux bénévoles qui ont permis ce partage et cette convivialité!

lundi 15 juin 2015

Il était une fois un pèlerinage...


Non pas en Terre sainte, ni en Terre promise. Mais en Terre espérée.

Une Terre qu’on nommerait la Paix. Et où règnerait le dialogue, l’écoute, le respect.

Cette Terre de Paix se mérite. Il faut des vaisseaux solides pour l’atteindre, car on navigue en eaux troubles et les tempêtes se succèdent.

 
Ce week-end, à la Bellevilloise, nous avons pris le large.
Pour un pèlerinage en décalage.

 
Tous.
Arabes et juifs.
Palestiniens et israéliens.
Laïcs et religieux.

Complètement décalés, par rapport aux positions politiques dominantes, par rapport aux clichés, aux stéréotypes.

 
Guidés par des artistes engagés, tels Yaron Herman, Noa Vax, System Ali et Apo & The Apostles, et les DJ de Laissez Passer, nous avons rêvé ensemble la Paix.

Gros coup de coeur pour System Ali... Ils ont créé une maison en Israël (à Bat Yam), dédiée au dialogue, à l'apprentissage du vivre-ensemble, à la lutte contre les discriminations, les préjugés... Une beau projet!


La Paix, nous y sommes arrivés à l'issue du voyage.
C’est une belle Terre. Où règne la beauté et l’amour :)

Un grand grand merci aux organisateurs, aux artistes de tous bords.
Merci pour les riches échanges – avec les artistes ! – et les doux breuvages partagés ensemble dans le jardin.
Merci pour le clubbing du dimanche soir – idéal pour s’étourdir un peu avant une semaine qui promet d’être dense !
Merci Inès et Kenza, et tous les bénévoles, et les videurs compréhensifs, et les serveurs sourds, et les rencontres heureuses.

 
Petite Pastèque, qui démarre la semaine avec des étoiles dans les yeux (et un peu le mal de mer)


PS : de belles vidéos arrivent prochainement (System Ali, notamment) dès que j'ai du temps (hum... je fais au mieux!)

dimanche 14 juin 2015

Festival Pelerinage en décalage à la Bellevilloise : un moment de grâce

Chers amis,

Vous savez combien le rapprochement entre les individus, entre les peuples m'obsède...
Alors nous ne pouvions pas rater le Festival Pélerinage en Décalage : Off the Wall.

Le premier festival israélo-palestinien parisien. Cela fait du bien de croire que la Paix est encore possible. Hier, nous avons vécu ce rêve, cette belle idée avec des amis, et des artistes venus de tous bords pour partager non seulement ce rêve, mais aussi leurs musiques, leurs films, leurs danses....

Un trio de folie pour une impro magique : Yaron Herman, Noa et Vax et une talentueuse et magnifique rappeuse en langue arabe!

Grand moment. En particulier lorsque Yaron Herman a commencé à improviser au piano. Puis, s'est arrêté pour aller chercher dans le public Noa Vax (percussionniste), ainsi qu'une jeune fille qui a fait du beatbox et du rap en arabe.

C'était magique. Un moment unique, qu'on n'oubliera jamais.

Chapeaux les artistes. Merci pour cette belle idée, cette belle initiative.
Longue vie au Festival!

PS : Le Festival continue aujourd'hui encore à la Bellevilloise
La musique reprend à 18h et jusqu'à minuit (avec un set clubbing unique de 22h à minuit).
Il y aura BEAUCOUP de monde. Nous y serons dès 17h pour être sûrs d'entrer.
A tout à l'heure les amis !


lundi 25 mai 2015

C comme Clubbing

Cher lecteur,

Pour te résumer l'importance de la danse dans ma vie, je vais te conter une petite histoire - et t'ouvrir une page de mon intimité.

A 20 ans, j'ai chuté en montagne, en escalade.
Lorsque le PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) est arrivé sur les lieux, pour récupérer "le corps", leur hélicoptère a passé au peigne fin la falaise. Et m'a retrouvée, 80 mètres en-dessous du lieu où j'ai dévissé.

J'étais vivante. Miraculée. En petits morceaux, certes. Mais vivante (et bien vivante :))

Après une opération de quelques heures, durant lesquelles le chirurgien a essayé de réparer mes deux membres supérieurs et ma jambe droite (qui avait été soufflée par le choc), je me suis réveillée.

Le lendemain, le chirurgien vient me voir, m'explique comment il a "géré" ce qu'il a trouvé en ouvrant.

Lui : "Vous devez vous demander si vous pourrez remarcher un jour? 
Alors je vais être franc : je ne peux vous répondre...
La seule chose que je peux vous dire, c'est que vous êtes jeune. Il y a de l'espoir.

Moi : Marcher? Ah. Ah oui... Bon. 
Mais est-ce que je pourrai de nouveau danser?"

(Je vous laisse imaginer la tête ahurie du Docteur, qui a dû mettre cela sur le compte de la lourde Anesthésie Générale...)

Danser, donc.
Et comment, j'ai re-dansé !



Je reboote avec ce week-end, placé sous le signe du Clubbing et de la musique électronique (je t'en parlais un peu ici, dans mes Paradoxes).

Avant de vous parler de mon premier set avec Kavinsky (samedi soir), je vais parler d'hier soir.
Cela se passait à la MPAA Saint Germain dans le cadre des Denses Journées de la Danse

Le spectacle s'appelait La Belle au Bois Flamboyant sur une chorégraphie de Johan Amselem et un set de la DJette Ma Public Therapy.

La DJette Ma Public Therapy c'est tout un univers (allez voir ceci ou encore cette vidéo-là ou celle-ci) totalement décomplexé. Love et sensuel. animal et charnel. Elle chante en même temps qu'elle mixe, s'accompagne parfois de guitare électrique (c'était le cas hier soir). C'est tendre et généreux.

Et on ne pouvait rêver d'un duo plus flamboyant que celui formé hier entre les danseurs et Ma.
16 danseurs, la plupart entre 20 et 40 ans. 8 hommes, 8 femmes.

Symphonie des corps qui se meuvent de concert, qui s'abandonnent, se caressent et s'embrassent.
Longs palots, pas volés du tout (H/H, F/F, H/F). Harmonie des échanges, corporels et spirituels en même temps.
De l'amour. A deux, à trois, à quatre, à 16.
Un cadeau offert au spectateur. Et pour ne pas faire violence au spectateur qui n'aspire qu'à se joindre - l'empêcher serait pervers - le public est invité à se joindre à cette fête des sens.

J'étais dans tous mes états, tous les sens en émoi, et la fête fut bien bonne, les échanges riches et les caresses intenses. Et puis tout d'un coup, cela s'est arrêté, et il a fallu redescendre sur Terre. Et dans le métro :)

Un grand grand merci à Johan Amselem (avec qui l'échange fut divin) et aux danseurs.
Merci pour ce cadeau, pour ce voyage. Et à très vite - rendez-vous le 7 juin à 14h à la MPAA pour la suite!


Un mot sur Kavinsky, samedi soir au Point Gamma. Belle surprise. Car je me reconnais méfiante devant le succès grand public. La notoriété n'est pas forcément gage de talent.
Et pourtant, là, je dois me reconnaître qu'il a réussi. Il est parvenu à m'emmener dans son univers. J'étais dubitative, j'ai résisté. Puis j'ai cédé, et mon corps a vibré, bougé.

En fait, ces sets m'ont rappelé pourquoi j'aimais autant la musique électronique.

J'aime l'art vivant, l'improvisation, l'art qui s'affranchit de toute contrainte. La liberté (non pas qu'une partition enferme - l'interprétation est d'une richesse insondable) est totale. Possibilité d'évoluer vers une destination qui ne sera jamais deux fois la même, et par un chemin unique à chaque set.
Ce chemin qui appartient autant à celui qui mixe qu'à celui qui écoute et qui - par son écho, par sa manière d'entrer en résonance avec le flux - exerce son influence, participe à la création.

J'aime cette puissance créatrice, j'aime sentir en moi le son qui ricoche, résonne. Puis mon corps qui se balance et se déhanche, qui part en voyage et en création. Bon. Hâte du prochain set.